« Crève », « Sale pute », « T’es naze ». Des mots forts qui sont beaucoup employés à l’école entre les enfants. Le harcèlement scolaire touche un nombre grandissant d’élèves au quotidien. Et avec les réseaux sociaux, la situation ne s’arrange pas. Havas Genève et Action Innocence viennent de lancer la campagne de sensibilisation « Histoires Gravées » au cœur des salles de classe, à la place de chaque élève.

« Histoires Gravées » utilise les tables pour faire passer un message

Comme il y a quelques années (pour ceux qui s’en souviennent), les tables d’écoles étaient un lieu d’échanges épistolaires. C’est ce médium que l’agence Havas Genève et les équipes d’Action Innocence ont choisi d’utiliser. L’idée est simple : graver des illustrations pour raconter des histoires sur des thématiques du harcèlement scolaire.

Avec l’aide d’un smartphone ou d’une tablette, ces illustrations s’animent en réalité augmentée pour continuer à faire passer son message. L’objectif est, au final, de libérer la parole des jeunes en difficulté ou en proie au harcèlement scolaire.

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Havas Genève a fait appel à des street artists reconnus, dont Nairone, Benoit Challand, ou Nöbl, pour créer ses illustrations. Ce sont donc dix dessins qui ont été gravés sur une vingtaine de bureaux. Ils ont ensuite été répartis dans les classes d’un établissement scolaire pendant un mois. Les thèmes abordés sont variés : « La viralité des réseaux sociaux », « Le harcèlement continu », « Les témoins suiveurs » ou encore « La tristesse ». Ce qui n’a pas manqué de faire réagir.

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Un médium improbable mais juste

Laisser un message sur une table de classe est un acte intime. Parfois ces messages ont vocation à être lus par des amis, et parfois par des inconnus. La table devient alors un cahier de discussion, comme un réseaux social entre camarades.

De mon point de vue, Havas Genève réutilise ces codes avec justesse pour toucher les jeunes. Avec « Histoires Gravées », les créatifs s’adaptent à leur public : ils se sont interrogés avant tout à l’individu en réponse à la question « à qui je m’adresse ? ». Dans cette campagne, on se tourne vers une génération qui ne veut pas être prise de haut. On parle à des adolescents sensibles, timides, curieux, parfois perdus ou à la recherche de réponses et d’aide, comme nous l’avons été. En choisissant cette portée intime de la table de classe, Havas Genève n’a plus qu’à laisser faire. La machine se mettra en route.

Merci à Caroline pour son aide et son point de vue.