Nous sommes hyper-connectés, c’est un fait. Nos mains sont régulièrement prises d’une irrépressible envie de plonger dans notre poche ou notre sac pour en sortir… Notre smartphone. Même dans les moments ou dans les endroits les plus intimes. Flash de lumière blafarde, vibration ou un sifflement agaçant : ils nous rappellent sans cesse que le monde veut se connecter à nous, quitte à oublier celui dans lequel nous nous trouvons.

Dans sa série « Hide And Seek » — « Cache-Cache » dans la langue de Shakespeare —, le photographe polonais Kamil Kotarba s’interroge sur l’influence négative des téléphones portables sur nos relations physiques avec les autres humains. Il capture des scènes de vie quotidienne : un dîner en tête à tête, un moment au cinéma ou un passage aux toilettes… Le corps a disparu, il ne reste qu’un bras, asservi par l’appareil mobile.

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Ces images nous mettent en face de notre réalité : une fois connectés à nos écrans, plus rien n’existe; nous sommes ailleurs et nulle part à la fois.

Au lieu de nous concentrer sur ce qui nous entoure, nous préférons regarder nos petits écrans qui offrent sans cesse de nouvelles sollicitations, l’impression d’être écouté, d’être valorisé — vous savez, le bouton « J’aime »… Tout ceci est bien plus intéressant que notre quotidien « normal ».

Le virtuel : un monde où il n’y a pas de notion de temps, ni d’espace.

Nous sommes tellement absorbés que la « vraie » vie nous échappe. La tentation est grande de fuir dans le virtuel : nous jouons à cache-cache.

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La dématérialisation de notre monde matérialiste est en marche, ne serait-il pas temps de dire pouce ?