Un nouveau tableau de Rembrandt a été créé par JWT

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ata par ci, data par là… Vous le connaissez ce mot tendance que l’on entend à toutes les sauces sans savoir à quoi il correspond. Aujourd’hui nous vous présentons une de ses nombreuses applications, et on va même vous expliquer comment ça marche !

Et la data ressuscita Rembrandt

Ce titre parait absurde et pourtant, c’est bien le cas. C’est l’agence JWT Amsterdam qui est à l’origine du projet, épaulée par Microsoft, l’université de Delft ainsi que deux musées. Ensemble, ils ont réalisé ce tour de magie pour le compte d’ING Bank et de la réouverture du mythique Rijksmuseum.

Mais comment est-ce possible ?

Les équipes ont commencé par faire analyser 346 tableaux du maître par un ordinateur, afin qu’il comprenne quels sont les points communs entre eux. Pour cela, ils ont utilisé le deep learning : une branche de l’intelligence artificielle qui apprend et comprend à partir d’un grand nombre d’exemples. Ainsi, les caractéristiques comme le genre, l’âge, la lumière et la direction du regard des portraits de Rembrandt ont été stockées dans des bases de données.

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Pour être au plus proche du style de Rembrandt, des experts ont déterminé qu’il fallait que le tableau représente un homme caucasien d’une quarantaine d’années, barbu et moustachu. Il devait aussi porter des vêtements noirs, un col blanc, un chapeau et avoir le regard vers la droite. Tout un programme !

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Un autre logiciel a alors conservé les portraits correspondants à cette définition. À l’aide d’un algorithme il s’est concentré sur l’analyse des yeux, bouches et nez de ces hommes, ainsi que leurs proportions par rapport aux visages. La machine a ainsi pu comprendre comment l’Homme pensait ses tableaux.

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Pour terminer, les créatifs ont dupliqué la texture de la peinture à l’aide d’une imprimante 3D conçue pour les reproductions d’art. Un nouveau Rembrandt est né.

Une œuvre mais beaucoup de questions

Dans un premier temps, c’est bien entendu une prouesse technique qui vient de se réaliser ! La reproduction est étonnante de réalisme et pour un oeil non aguerri, l’illusion est totale.

Cependant, est-ce la fin des peintres ? Je ne pense pas… Enfin, pas pour l’instant.

Bien que ce soit impressionnant, il ne s’agit pas de création à proprement parlé. Dans le sens où la machine ne fait « que » reproduire fidèlement les textures et combiner des données spécifiques que l’Homme lui injecte pour créer un portrait selon des paramètres définis. Elle ne peut donc pas partir de zéro. Il n’y a pas de création ex-nihilo.

Le deuxième point, qui est le plus gênant, est l’absence d’âme dans cette nouvelle œuvre : il n’y a pas la force (et la folie) créatrice de l’Homme. Pas de parti-pris, de vécu à transmettre ou même d’accidents qui poussent à l’originalité du tableau. C’est une reproduction, un condensé de ce que l’artiste a déjà su faire… Comme un prolongement ultra-réaliste de ses oeuvres, mais qui manque de vie. C’est un fait.

En somme, plus qu’une nouvelle création de Rembrandt, je considère cela comme l’hommage numérique et artistique le plus poussé à ce jour… Mais est-ce que l’artiste aurait apprécié ce condensé de lui-même ? Ça, c’est une autre histoire.

Toutefois, avec les prouesses techniques et les innovations qui progressent chaque jour, on ne peut que se demander si les machines n’arriveront pas à créer d’elles-mêmes très prochainement ? Seul Google nous le dira 😉

Et vous, qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à nous donner votre avis sur Facebook ou Twitter !

Pour aller plus loin, vous pouvez visiter le site conçu pour le projet ! Il est d’une finesse remarquable, au niveau animations notamment !

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