Christopher Payne photographie les asiles abandonnés

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Basé à New York, Christopher Payne est un photographe d’architecture passionné par l’héritage industriel Américain. Architecte de formation, il s’est rapidement tourné vers la photographie mais n’a jamais oublié son amour pour le design.

Pour sa série intitulée « Asylum », Christopher Payne a parcouru les États-Unis de fond en comble. Pendant six longues années — de 2002 à 2008 —, il a exploré un total de 70 asiles psychiatriques laissés à l’abandon… Un projet fou n’est-ce pas ?

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Un peu d’histoire

Au cours du XIXème siècle, la psychiatrie connaît une importante évolution et les premiers asiles psychiatriques se construisent. Autrefois en prisons, les malades mentaux américains découvrent alors de vastes et luxueux établissements.

À l’origine de ces constructions, on retrouve la pensée du médecin psychiatre Thomas Story Kirkbride. Selon lui, l’architecture propre aux hôpitaux était une première source de bien-être pour les malades. Accompagnée d’un environnement paisible fait de grands espaces verts, d’air frais et d’activités physiques et culturelles. L’architecture aurait même une influence bénéfique pour leur guérison !

Dans la seconde moitié du XXème siècle, l’introduction de nouvelles thérapies et de médicaments firent chuter le nombre de malades. Aussi, le coût très élevé de ces hôpitaux et les rumeurs d’essais cliniques inhumains participèrent à l’abandon progressif de ces magnifiques bâtisses.

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Pour la majorité d’entre nous, les asiles psychiatriques sont synonymes de malheurs, de folies, de souffrances et de douleurs. À l’image du milieu médical en général, on leur associe souvent un univers triste et froid. Les asiles provoquent donc la peur et encore plus lorsqu’ils sont abandonnés me direz-vous !

Mais Christopher Payne a souhaité dépasser ces frontières et nous montrer une toute autre facette de ces lieux.

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Dans ces photographies, on peut remarquer la grandeur des espaces communs comme les escaliers ou les couloirs inscrits entre des murs délabrés. Des touches de couleurs accompagnées d’une lumière naturelle douce sont également parsemées. Il se dégage alors une atmosphère apaisante, emplie de calme et de tranquillité.

Quelques clichés viennent confirmer ce sentiment en nous montrant une partie plus intime des asiles et de ses anciens occupants. Des brosses à dents sont encore accrochées méthodiquement, des chaussures de bowling restent éparpillées, une camisole et des robes sont toujours sur leurs cintres. Ces différentes photos reflètent une certaine protection et l’accompagnement qui a pu régner à l’époque.

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Avec sa série « Asylum », Christopher Payne nous transporte dans un univers inconnu, à la fois terrifiant et empreint de sérénité. Son travail unique l’est d’autant plus aujourd’hui étant donné qu’une partie des asiles photographiés est désormais détruite.

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